Samuel, volontaire au Pérou

Samuel avec deux jeunes de l’internat de Koribeni

Peux-tu nous décrire ta mission ?

Je suis parti au Pérou 6 mois, en année de césure dans mes études. Ma mission a pas mal été chamboulée à cause du Coronavirus. Au départ, je devais partir dans un petit village isolé, Pangoa, dans la Selva péruvienne et m’occuper de jeunes dans un internat avec un rôle de grand frère et d’animateur. Finalement, je me suis retrouvé dans un autre petit village, Koribeni, où se trouve la communauté principale des frères dominicains pour les missions dans la Selva et où il y avait également un internat mais de plus petite taille. J’y ai fait du soutien scolaire et de l’animation, une sorte d’animateur-enseignant, pour des jeunes de 10 à 15 ans. J’ai ensuite été contraint de limiter cette partie de la mission avec l’arrivée de 2 éducatrices péruviennes.

Quelle a été ta plus grande joie pendant ta mission ?

Ma plus grande joie c’était d’être au contact avec les jeunes. Avoir la chance de vivre au quotidien des moments d’échanges avec eux, partager des rires et des sourires, à travers l’enseignement et les activités. J’ai également eu la joie de voir l’évolution entre la méfiance initiale vis à vis de l’étranger que j’étais, et l’ouverture qui s’est faite petit à petit. Ce contact avec les jeunes péruviens a illuminé ma mission. 

Quelle a été ta plus grande difficulté ? Comment l’as-tu surmontée ?

Avec la pandémie, le contexte n’était pas évident : la mission a pas mal changé et je suivais l’évolution de la situation en France avec un peu d’inquiétude.
Au-delà de ça, le plus difficile pour moi a été la solitude : le village était très isolé (300-400 habitants) et l’internat avec les frères était lui-même à l’écart du village. De plus, les gens étaient assez méfiants ce qui ne facilitait pas les contacts. En tant qu’Européen, j’étais associé au Covid.
La vie communautaire avec les frères a été une réponse à cette solitude : elle m’a donné des forces. Les temps de prière (laudes le matin et messe le soir) rythmaient ma journée et me permettaient de me ressourcer. C’est quelque chose dont je n’avais pas forcément conscience avant.
Et dire que dans le petit village où je devais être initialement, je n’aurais pas eu cette vie communautaire !
Enfin, avec tous les aléas liés au Covid, j’ai vraiment appris à me forcer à voir le positif dans ce que je vivais.

Organisation d’un jeu du « loup-garou » avec les jeunes de l’internat

Tu as vécu plusieurs mois dans une communauté religieuse. Qu’est-ce qui t’a marqué dans la vie des frères et des sœurs dominicains ?

J’idéalisais un peu la vie communautaire et je me suis rendu compte une fois en mission que ce n’était pas toujours évident. Les trois frères avec qui je vivais avaient des forts caractères et une diversité culturelle : 2 espagnols et 1 péruvien. Il arrivait donc qu’il y ait des tensions, des divergences et des incompréhensions.
Et pourtant, j’ai été marqué par le fait que nous parvenions à vivre ensemble malgré ces difficultés. Une sorte de “vivre ensemble malgré tout” grâce à ce qui nous rassemblait : une foi commune et le partage d’une vie de prière.

Qu’est-ce qui a changé dans ta foi grâce à cette mission ?

Le fait d’avoir cette vie de prière au quotidien m’a fait prendre conscience de son importance. Cela m’a donné envie à mon retour d’avoir une vie de prière un peu plus régulière et d’approfondir ma foi, de mieux la connaître et d’être plus engagé, d’en parler davantage.
Avant ma mission, la foi était quelque chose que je ne partageais pas forcément. Depuis mon retour, j’en parle plus facilement, j’échange dessus. 
Ma façon de rencontrer l’autre à aussi changé, avec des étudiants, via la paroisse ou même avec des inconnus au quotidien. J’ai davantage envie d’aller vers l’autre, de le découvrir et d’échanger avec lui. C’est devenu une vraie joie, mon approche a changée alors qu’à la base je suis plutôt réservé.

Quel est ton conseil en or pour un futur volontaire ?

Mon conseil serait d’être patient et flexible. C’est quelque chose qu’on m’avait dit en week-end de formation au départ et j’ai pu éprouver la réalité de ce conseil sur le terrain. La mission, avant de partir, on a tendance à l’idéaliser un petit peu. Mais on se rend compte sur place qu’elle est pleine de détours, pleine d’imprévus mais que c’est cela qui fait aussi sa richesse. Soyez prêts à accueillir cette mission pleine de détours et d’en vivre chaque seconde pleinement !

Publié par Dom&Go

Volontariat international dominicain

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