Mathilde, volontaire au Zimbabwe

Retrouver le témoignage de Mathilde volontaire Dom&Go au Zimbabwe sur le site Christonlille.

Peux-tu nous décrire ta mission ?

Je m’appelle Mathilde, j’ai 22 ans et suis en master de culture et communication à Sciences po Lyon. J’ai passé 6 mois au Zimbabwe où j’ai enseigné le français dans une école dominicaine à Chichawasha (village près de la capitale, Harare). J’avais à ma charge 4 classes d’une cinquantaine d’élèves chacune. 

Quelle a été ta plus grande joie pendant ta mission ?

Les rencontres ! J’ai eu la chance de rencontrer et de lier de très belles amitiés avec les sœurs qui m’hébergeaient, les élèves, des locaux … J’ai été à chaque fois très émue et très surprise de voir avec quelle générosité ils m’accueillaient, avec quelle joie ils m’écoutaient parler de la France … 

Je suis allée une fois dans un village à côté de Gweru, chez la sœur d’une religieuse de Chichawasha. Elle et sa famille n’avaient rien, vivaient sans électricité, eau courante, wifi (comme c’est le cas dans les villages). Ils ne parlaient pas anglais, mais seulement Shona, le dialecte local. La seule chose qu’ils avaient était des bêtes, qu’ils élevaient puis mangeaient pour elle et sa famille. Quand je suis arrivée, elle a tué une dinde. C’est le plus grand signe de respect pour des invités, sachant la valeur qu’elle représente. J’étais extrêmement touchée. 

Quelle a été ta plus grande difficulté ? Comment l’as-tu surmontée ?

Ça a été la solitude. J’étais seule Française et même Européenne dans mon environnement. Je ne pouvais pas vraiment partager ce que je vivais, que ce soit avec les locaux ou mes proches en France. De même, les sœurs ne me laissaient pas sortir seule par soucis de protection, ni même pour voir des amis à l’extérieur. J’avais parfois l’impression de rester enfermée et ce n’est pas une sensation très agréable, moi qui aime bien être indépendante et bouger un peu partout. 

Mais ça a été en même temps peut-être mes plus beaux moments. Dans ce genre de mission, ne rester qu’avec des locaux est une grande chance de se plonger dans une culture qui nous est étrangère. J’en suis très reconnaissante. Par ailleurs les moments de solitude, bien que difficiles, m’ont permis de nouer des liens profonds avec les gens qui m’entouraient, d’apprendre sans n’avoir rien à faire de ne pas s’ennuyer, de lire, d’avoir des moments presque hors du temps, de silence et de tranquillité dans un monde où tout va à 1000 à l’heure. 

Tu as vécu plusieurs mois dans une communauté religieuse. Qu’est-ce qui t’a marqué dans la vie des frères et des sœurs dominicains ?

J’ai été marquée de l’ouverture d’esprit des religieux de là-bas. Ils sont complètement dans le monde, sont admirés et respectés par toute la population, croyante ou non (bien qu’il y ait une majorité de chrétiens). Les sœurs avec qui je vivais et toutes celles que j’ai eu la chance de rencontrer via différents événements, ont une grande joie de vivre, elles rient, dansent, parlent, prient comme une grande bande d’amies. Leur joie communicative m’a beaucoup marquée. Ça a cassé un cliché que je me faisais des religieux un peu « has-been ». 

Qu’est-ce qui a changé dans ta foi grâce à cette mission ?

Les sœurs me laissaient très libre pour les temps de prière. J’allais à la messe et aux offices quand je le souhaitais. Je n’y allais pas toujours régulièrement, mais je passais beaucoup de temps dans la chapelle à prier, profiter du silence, chose qui arrive si rarement. 

J’ai été marquée par la foi des jeunes de là-bas, qui parlent de Dieu comme leur meilleur ami avec une liberté qui nous dérangerait, ici, en France. Ils ont une foi presque inébranlable qui leur permet de tenir face à des situations souvent très compliquées. Moi qui me posais beaucoup de question sur la religion, je pense que ça m’a aidée à entretenir un rapport plus simple avec elle. 

Quel est ton conseil en or pour un futur volontaire ?

Sur place, ce qui m’a beaucoup aidée, c’est de me forcer à prendre du recul. Etant seul/e à l’autre bout du monde, on est beaucoup plus vulnérable, sensible. Les émotions sont démultipliées que ce soient des émotions positives ou négatives. Il est important de se répéter, quand quelque chose se passe mal (des erreurs, des inattentions, des gaffes, des engueulades) « c’est pas grave ». Sinon c’est dur de tenir psychologiquement.

Publié par Dom&Go

Volontariat international dominicain

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