
Peux-tu nous décrire ta mission ?
Je m’appelle Guillaume, j’ai 22 ans et je suis parti 6 mois à Driefontein Mission au Zimbabwe. Pour vous situer, Driefontein est une mission tenue par 2 pères, des frères ainsi que des sœurs. C’est la plus grande mission du Zimbabwe avec 7000 hectares perdues au milieu du bush zimbabwéen. A 25km de la première route et pleinement intégré à la vie rurale, je vivais avec les pères et partageais leur quotidien. Ma mission sur place était d’aider au développement de projets agricole de la ferme afin de créer une source de revenue stable pour le diocèse.
Quelle a été ta plus grande joie pendant ta mission ?
Loin de révolutionner la mission ou faire la une de Forbes avec mes actions pendant 6 mois, c’est par des petites choses que j’ai réussi à m’épanouir à Driefontein. Entre accompagner les enfants de maternels revenant à pied de l’école et me surnommant « Bishop » (évêque), enchainer les parties de tomates à l’orphelinat, aller prendre le thé chez les différentes communautés de sœurs, les balades dans la campagne le soir, …. j’arrive à ressortir de chaque journée de ces 6 mois une chose qui m’a émerveillé : une rencontre, un sourire, un paysage, croiser une antilope dans le bush, … Ce n’est peut-être pas grand-chose mais c’est souvent dans des moments assez simples que j’ai mes meilleurs souvenirs. Je résumerai ces 6 mois par une citation de mère Teresa :
“On ne fait pas de grandes choses, mais seulement des petites avec un amour immense “ Mère Teresa
Quelle a été ta plus grande difficulté ? Comment l’as-tu surmontée ?
J’étais le premier volontaire Dom&Go envoyé à Driefontein et surement le premier blanc à y vivre depuis une vingtaine d’année. J’ai ainsi dû dépasser les aprioris et les barrières culturelles : durant les premières semaines les locaux pensaient que je venais racheter la ferme ! J’ai ainsi montré qu’un européen peut travailler la terre et n’est pas obligatoirement un manager.
La seconde difficulté a été la langue car la plupart des habitants des campagnes ne parlent pas anglais. J’ai du vite appendre quelques mots de shona, le dialecte local, afin de créer un lien avec les personnes avec qui j’ai vécu ces 6 mois. Ça alors été pour eux, une fierté de m’avoir à leur côté. Ils m’ont appris et montré tant de choses dans leur manière vivre au sein du bush zimbabwéen.

Tu as vécu plusieurs mois dans une communauté religieuse. Qu’est-ce qui t’a marqué dans la vie des frères et des sœurs dominicains ?
J’ai été marqué par la vie paroissiale qui est vraiment plus présente qu’en France. Le temps des annonces, souvent expédié en France, constitue ici un moment extrêmement important puisqu’on fait un point sur la paroisse, le montant récolté à la quête ou les évènements à venir.
A la suite de la messe, chaque paroissien se réunit avec son groupe de prière (pour les enfants, pour les ados garçons, pour les ados filles, les femmes mariés, les hommes mariés, …). L’idée est de rebondir sur un élément de la messe, aborder des sujets entre personnes de mêmes âges et se lancer des challenges pour la semaine. Très souvent animé par un religieux, ces groupes permettent de suivre et guider chaque personne en créant un fort esprit communautaire.
Cet esprit de communauté se retrouvait d’autant plus au sein de la mission où les différentes communautés religieuses se retrouvaient régulièrement pour échanger autour d’un braai (un gros barbecue), prier et danser ensemble.
Qu’est-ce qui a changé dans ta foi grâce à cette mission ?
Être 6 mois dans un autre pays avec une autre culture, c’est découvrir des nouvelles manières de prier. On s’aperçoit de la force de la foi catholique pour réunir des peuples et des cultures différentes.
Ainsi, ces 6 mois m’ont permis d’avoir une foi plus forte. En effet, cette expérience m’a permis de réellement apprendre à prier seul. Le dimanche lors des messes en shona de 2h 30 minimum, je faisais la liturgie de la parole de mon côté avec des lectures et un petit commentaire préalablement téléchargé. Pour occuper les 45min d’homélie, je débordais souvent les lectures du jour sur quelques versets voire chapitres.
Quel est ton conseil en or pour un futur volontaire ?
Connaissant très peu le pays, et n’ayant pas une idée concrète de ma mission, je suis parti en me laissant guider la providence ! Cet exercice était assez compliqué puisque nous grandissons dans une société où il faut toujours prévoir, s’organiser et planifier. Pars en mission sans devoir cocher des cases sur place, tu pourras apprécier chaque instant et vivre TA mission. En te laissant porter par les imprévus, les surprises ou les moments de partage, tu profiteras d’autant plus et tu pourras te donner pleinement dans le service sur place.
